Monuments Historiques en danger ?
FRANCE CULTURE - JOURNAL - Le 06/07/2006 - 08h12

 

HERVE GARDETTE
Les monuments historiques en danger. C'est ce que relève un rapport du Sénat dans lequel il dit que 300 chantiers sont déjà interrompus ou différés parce que les crédits accordés au DRAC, les Directions régionales des affaires culturelles, sont insuffisants. 195 millions d'euros en 2006, les sénateurs estiment que c'est moins de la moitié de ce qui est nécessaire, et c'est une conséquences des nouveaux mécanismes budgétaires. Tara SCHLEGEL.
TARA SCHLEGEL
La volonté était louable : avec la nouvelle loi de finances, il s'agit d'anticiper au plus près les travaux de restauration à venir et de cesser comme c'était l'habitude de reporter d'un exercice à l'autre des dizaines de millions d'euros de crédits. Seulement, en apurant les comptes, toute la machine s'est déréglée et aujourd'hui le ministère n'est plus capable de trouver 300 millions d'euros qui ont pourtant été promis au fil des quatre dernières années. L'argent devait financer des travaux indispensables et même souvent déjà engagés. Conséquence, " tout le secteur est en crise ", dénonce Christophe ESCHLIMANN qui préside le Groupement français des entreprises de restauration des monuments historiques.
CHRISTOPHE ESCHLIMANN, PRESIDENT DU GROUPEMENT FRANÇAIS DES ENTREPRISES DE RESTAURATION DES MONUMENTS HISTORIQUES
Notre secteur c'est en 2005 700 licenciements, donc des pertes de savoir-faire, des gens que nous mettons dans la rue, c'est une baisse au niveau de l'apprentissage. Entre la rentrée 2004 et la rentrée 2005, nous avions une baisse de 55% du nombre d'apprentis. C'est donc la chaîne de transmission des savoir-faire qui est mise à mal.
TARA SCHLEGEL
Conscient du problème, le gouvernement a promis 100 millions d'euros. L'argent devait venir de la privatisation des autoroutes mais " 40% seulement ont vraiment servi à la restauration ", disent aujourd'hui les sénateurs. Il manque donc dans les caisses plus de 200 millions. Et " partout en France on arrête des travaux ", rappelle Christophe ESCHLIMANN. A Strasbourg, par exemple, la DRAC n'a reçu cette année que la moitié des six millions et demi budgétés a priori. Conséquence…
CHRISTOPHE ESCHLIMANN
La cathédrale de Strasbourg est arrêtée, le chantier est arrêté pour l'année. Il semblerait qu'il y ait quand même des graves problèmes sur les contreforts de la face nord. Personne ne peut me dire aujourd'hui quand est-ce que le chantier va reprendre.
TARA SCHLEGEL
En attendant, les échafaudages restent en place mais personne ne vient travailler. Des échafaudages qui coûtent quand même la bagatelle de 8.000 euros à l'Etat tous les mois.
HERVE GARDETTE

FIN